Paroisse
Saint Timothée en Forez
Plan du site
Accueil du site > Événements > Retours d’événements > Hommage à Charles Fond -26 février 2016

Hommage à Charles Fond -26 février 2016

Le père Charles Fond s’est endormi dans l’espérance de la résurrection le 23 février 2016.

Ci-joint quelques témoignages en sa mémoire :

Il était un homme de ...

la Parole (1)

Charles Fond avait 86 ans mais comme tout le monde il a eu aussi 20 ans. J’ai côtoyé Charles fond à la colonie de vacances d’Allègre en Haute-Loire comme colon. Sportif, séminariste il était moniteur de cette colonie assurant les animations notamment les parties de foot. J’ai donc joué avec Charles Fond au foot, il y a 65 ans.
Plus tard sur la paroisse à la fin de la messe de la Cité à 18h30, il ne manquait pas en "signe d’envoi " d’apporter un encouragement à l’équipe de foot de Saint-Etienne ; est-ce que cela plaisait ?
A la paroisse Saint-Timothée-en-Forez, il était aussi journaliste- prêtre ou prêtre- journaliste. Il participait à la rédaction de Timothée info et pour reprendre ses jeux de mots naturellement dans des articles de Fond (éditorial, interview des personnes que l’on voulait faire découvrir, prière en forme de poème ou poème en forme de prières) mais toujours avec humour et esprit.
Bien d’autres aspects du personnage de Charles fond méritent d’être rappelés.

Bernard Chomat

la Parole (2)

Père Charles Fond pour vous, la radio un titre : « Passionnément vôtre »
Pour toi Charles RCF : un lieu de rencontre – d’écoute – de parole.

Voici les mots, les expressions qui viennent aux personnes de la radio qui ont connu le Père Charles FOND : Accueillant – souriant – jovial – simple – Très ouvert et d’un abord facile une personnalité pleine d’humour : il n’en était pas moins profond mais !... tout en étant très incarné – quelqu’un qui ne faisait pas de différence entre les personnes, qu’elles soient de milieux aisées ou du monde ouvrier – handicapées ou valides, pour lui cela n’avait pas d’importance il était proche de chacune, de chacun. Il était appelant, aimait mettre en confiance les personnes qui doutaient d’elles-mêmes, Il faisait confiance et n’hésitait pas à donner des responsabilités, à mettre en avant celles et ceux qui restaient un peu en retrait. Une figure très attachante et très sympa pour tous.
Bien évidemment on ne peut parler de Charles, sans faire allusion à ses histoires, ses blagues et ses jeux de mots. Plus personnellement je lui disais parfois « tu exagères quand même ! » ce à quoi il répondait avec un petit sourire « crois-tu ! ».
Revenons sur deux mots : Accueillant - lorsque je suis arrivée à la radio il y a 26 ans, une des premières personnes que j’ai rencontrée, c’était Charles. A l’époque il commentait déjà les textes du dimanche avec en début d’émission, ce que nous appelions alors, la vie des saints. Très vite il m’a demandé de le rejoindre pour qu’il y ait une alternance de voix. C’était le début d’une collaboration qui a duré 25 ans.
Comme j’arrivais du Pas-de-Calais, avec son complice et ami d’alors : Jules Pichon journaliste, retraité de l’Essor, il a de suite voulu m’initier à la culture ligérienne et en particulier au gaga. J’ai eu droit au dictionnaire Gaga ainsi qu’au livre « le Piosou ». Bien évidemment il m’a entraînée aussi, avec d’autres, à la découverte de la région et de Farnay (le plus beau village de France et même du monde disait-il avec conviction) et de sa famille. Sa famille !... à la fois sa fierté et son bonheur.
Appelant : Un exemple parmi tant d’autres, c’est lui qui a appelé Anne-Marie Vergnon à rejoindre l’équipe de la radio. Immédiatement à la suite d’une émission concernant les couples mixtes (Catholique /protestants) il l’a convaincue qu’elle était faite pour réaliser des émissions, pour être membre à part entière de cette belle famille qu’était déjà Fourvière St-Etienne, devenue depuis RCF St-Etienne. Il avait repéré en elle les qualités dont avait besoin la radio pour avancer. L’avenir nous a montré qu’il avait fait un excellent choix puisqu’Anne-Marie est devenue par la suite Directrice de la Radio.
Charles était un homme de communication, non seulement à la radio ou à la revue diocésaine Chrétiens en Marche dont il a été le Rédacteur en Chef et le Directeur, mais aussi dans la vie quotidienne. Il aimait aller à la découverte d’un métier, d’un personnage, d’un croyant, d’une histoire particulière et… De suite il nous indiquait qui interviewer, qui aller voir, quand il ne le faisait pas lui-même. Il était curieux mais !... De cette bonne curiosité qui permet de s’enrichir humainement et spirituellement.
Il aimait également et par-dessus tout créer des liens, s’il s’apercevait que deux personnes pouvaient s’aider l’une l’autre, s’apporter l’une à l’autre il les mettait en contact avec beaucoup de chaleur humaine et de simplicité.
Un père de famille qui connait Charles depuis plus de 26 ans, toujours dans le cadre de la radio, tout jeune technicien alors et qui continue aujourd’hui encore dans la réalisation d’émissions, m’a dit « C’est lui qui m’a réconcilié avec les prêtres et l’Eglise. Avant j’avais une très mauvaise image d’eux mais avec Charles j’ai rencontré quelqu’un de très accueillant, très sympathique qui savait se mettre à la hauteur et à la portée des personnes qu’il rencontrait ». Ce n’est pas le seul à avoir de discours là, d’autres me l’ont dit aussi que ce soit dans le passé ou plus récemment : Il était pour nous tous à RCF un beau visage d’Eglise.
La radio était pour lui l’occasion de faire découvrir ce qu’il aimait, ce qui l’aidait à vivre comme, par exemple, l’Action Catholique. Plus personnellement Charles m’a réconciliée, eh oui moi aussi, non pas avec l’Eglise mais avec cette Action Catholique qui m’avait heurtée et même blessée à plusieurs reprises. Aumônier diocésain de l’ACGF, (Action Catholique Générale des femmes) pour en devenir ensuite l’Aumônier régional et national, il m’avait invitée à m’y engager. La rencontre avec ce mouvement a été une magnifique expérience qui m’a ouverte à la diversité au cœur de l’Eglise.
Tant que sa santé lui a permis, il n’hésitait pas à faire des KM pour enregistrer tout simplement 12 à 15 minutes d’émission avec, en priorité, le Commentaire des textes du dimanche. En riant il disait : « Comment taire – Charles Fond !... ». Lorsqu’il a été nommé curé de la Paroisse St-Roch des Montagnes à Noirétable : catastrophe ! Il ne pouvait plus capter sa radio préférée. Il a cherché… Jusqu’au jour où il a entendu une émission juste à côté du mur du cimetière, il s’y rendait donc à l’occasion, avant de trouver un tout petit endroit dans la cure et là ! Je vous promets que la radio n’a plus jamais bougé de cette place jusqu’au jour de son déménagement.
Pour conclure je dirai tout simplement que ces 25 années de collaboration avec Charles ont été à la fois heureuses et riches en expériences humaines. Depuis 3 ou 4 ans ne pouvant plus se déplacer, je venais vers lui en lui disant « on s’arrête en même temps : l’année de ma retraite ». Ce qui s’est réalisé en juin dernier.
Charles était, mais vous le savez très certainement toutes et tous, très affectueux et très sensible, ce qui faisait à la fois sa force mais aussi sa faiblesse. Tout l’atteignait et pouvait le rendre profondément heureux, comme le blesser tout aussi profondément.
Une dernière parole que je retiens de lui, elle était adressée à l’une de mes filles qui parfois donnait un peu d’argent à une personne qui tendait la main dans la rue, parole qui m’habite encore lorsqu’il m’arrive de donner une petite pièce à un sans abri ou tout autre personne, c’est d’ailleurs une question « Tu n’as pas oublié de lui faire un sourire au moins ?... ». C’était aussi cela Charles, on ne fait pas l’aumône, on regarde un frère, une sœur dans la rue, et c’est Jésus que l’on regarde, que l’on accueille, mais nous sommes aussi pour ces personnes le regard de Jésus qui se pose sur elles.
Pendant des années j’ai dit à la radio : « Père Charles Fond : Bonjour ! » aujourd’hui je ne te dis pas au revoir Père Charles Fond, puisque je te sais vivant avec Celui à qui tu as consacré toute ta vie. Mais je te garde profondément dans mon cœur et dans ma prière quotidienne, comme je le fais pour toutes celles et ceux qui me sont chers et qui ont eux aussi, tout comme toi, fait le grand passage. Merci Charles !... Et merci à Toi Seigneur pour cette belle rencontre.

la Parole (3)

Le père Charles Fond a rejoint notre groupe salésien en septembre 2007. Sans connaitre notre spiritualité, il a su rapprocher l’Evangile de l’enseignement de saint François de Sales.
Pour Charles, la vie spirituelle s’enracine dans la vie pratique. Savoir s’arrêter, décrocher, savoir déposer son fardeau, entretenir notre corps et notre cœur pour le rendre disponible. Le cheminement en profondeur, invisible nous fait devenir un peu pour les autres un chemin vers Dieu.
Seigneur, nous te rendons grâce de nous avoir donné un accompagnateur dont l’humanité, la douceur, la patience nous ont fortifiées dans la Foi au Christ vivant.
Merci Charles pour votre humour bienfaisant, votre fidélité, votre bonne humeur en toutes circonstances et vos paroles chargées d’Amour.

de rencontres (1)

Charles tu es né en 1930, le sixième de la famille, « ce qui faisait siphon en un seul mot comme tu aimais le dire ». Tu es le seul à être né à la ferme de « la Boutarie »

Tu as vécu ton enfance et ton adolescence, comme tes frères et sœurs, à la ferme ou tu as appris le métier de paysan. Ce métier, même si tu ne l’a que très peu exercé, est resté profondément ancré en toi.

Mais c’était sans compter sur l’appel que Dieu t’a adressé : devenir prêtre et tu as dit Oui.

Tu es donc rentrée au petit séminaire puis au grand séminaire, tu as été ordonné prêtre le 26 juin 1956. Tu as eu la joie et la fierté de célébrer ta première Messe dans l’église de Farnay.
A partir de ce jour tu as été au service de diverses paroisses de la région stéphanoise puis au service de plusieurs mouvements d’Eglise et enfin de la Radio RCF.

Tu nous laisses un véritable trésor : pas un trésor matériel, mais un trésor de paroles, d’échanges, d’amour

Ta grande famille tenait une place importante dans ta vie. Tu aimais rendre de fréquentes visites à tes frères et sœurs, en majorité agriculteurs avec des vaches, pour les fêtes familiales ou pour voir les différents travaux qui rythment la vie du milieu agricole, c’était un vrai bonheur. Tu as marqué tous ceux que tu as rencontrés dans ces
moment-là, si bien que tu es aussi devenu leur « tonton Charles ».
Sans que l’on ne s’en aperçoive, par ton langage franc, juste, simple, moderne et plein d’humour, tu as transmis et semé le bon grain.

Tu as été à l’initiative des grands rassemblements des familles FOND et BRET
Tu as marié des neveux et nièces. Baptiser des petits neveux, petites nièces fut toujours pour toi une joie immense. Quel plaisir pour toi de comptabiliser les « arrières » encore dernièrement, car tu savais que pendant cette année 2016, plusieurs naissances étaient annoncées

Tu nous quittes, mais à travers ces naissances annoncées la vie continue.

de rencontres (2)

Témoignage du relais de Chamboeuf

Une stature imposante, solide, robuste, ancrée dans la terre, dans le monde paysan qu’il aimait, sensible à la nature à sa beauté qu’il exprimait dans ses peintures…
Charles FOND donnait confiance grâce à la force qui émanait de lui.

Il pratiquait une forme moderne d’évangélisation, lorsqu’il allait à la rencontre pour discuter et connaître les parents et les enfants de l’école de Chamboeuf.
Merci Père Charles FOND, pour tous ces échanges, autour de la liturgie dans la paroisse Saint Timothée. Ces échanges avec vous, emprunts d’une foi profonde, de chaleur humaine et colorés de vos si chers « jeux de mots ».
On passait… sa porte était toujours ouverte et nous étions accueillis.
Depuis qu’il n’avait plus sa « partenaire », sa voiture… il savait demander de l’aide pour un « transfert de Fond » comme il disait, ou pour un dépannage.

Lors des préparations des baptêmes à la paroisse Saint-Timothée, il s’émerveillait des lettres des parents, témoignage d’amour pour leurs enfants ; Il leur disait : « Que c’est beau ! »
Maintenant que tu es près de Dieu, demande lui d’envoyer son esprit pour tous ces baptisés.
Qu’ils deviennent « prêtre, prophète et roi », phrase essentielle pour lui.

Souvent lorsqu’on le visitait, il nous annonçait une nouvelle naissance dans cette grande famille FOND qui comptait beaucoup pour lui et dont il s’était rapproché depuis son départ de Chamboeuf le 11 mars 2015.

Son regard, son sourire, ses paroles nous transmettaient l’Amour que Dieu a pour chacun d’entre nous.

Pour cette présence à Chamboeuf et dans la paroisse, pour ce qu’il nous a permis de découvrir, nous rendons grâces à DIEU.

de mission

En cette heure de peine Père Charles Fond, votre départ nous laisse dans un grand désarroi. Nous voulons vous dire combien a été précieux votre accompagnement tout au long de ces années de notre équipe de M.C.R.
Nous ne vous remercierons jamais assez pour tous ces bons moments passés dans chacune de nos familles.
Avec vous, c’était un ressourcement, car toujours notre vie s’élevait au-dessus des problèmes quotidiens, pour une vision de la foi qui nous aidait à en vivre.
Vous nous manquez déjà beaucoup mais reste vos écrits, vos poèmes, votre livre. Vos jeux de mots inimitables resteront dans nos mémoires.
Maintenant que vous êtes auprès du Seigneur, veillez encore sur chacun de nous

Groupe CMR (Thérèse Françon)

l’eucharistie (1)

Quelques semaines après son entrée à la Résidence du Val d’Orlay, plusieurs fois il m’a dit : « ce qui me manque le plus c’est de ne pas pouvoir célébrer l’Eucharistie ». Et je crois, qu’effectivement l’Eucharistie c’était vraiment une source pour Charles, une source où il puisait son dynamisme.. et un sommet, là où il pouvait rencontrer le Christ dans son mystère pascal, en lui apportant toute la vie qu’il avait accueillie, écoutée, ressaisie dans ses rencontres…
Avec Charles, nous nous connaissions depuis 1949, quand nous avons commencé ensemble notre formation pour être prêtre. Et depuis, nous nous sommes toujours accompagnés. D’abord comme jeunes prêtres où nous étions dans des situations semblables, seul comme vicaire, en tête à tête avec un curé qui nous comprenait plus ou moins : lui à la Talaudière, Jean Bourgier à Monthieu et moi-même à Beaulieu
Heureusement que nous avons eu nos rencontres régulières, tous les trois, mais aussi avec d’autres, pour tenir bon dans notre fidélité et nos convictions. Comme il le rappelait, il y a quelques jours en évoquant ces rencontres : « ce n’était pas que de la convivialité, je crois qu’on pourrait parler de la théologie de nos rencontres ». Ces rencontres nous les avons ensuite continuées dans notre ministère, lui comme Aumônier Diocésain de la JAC et moi-même comme Aumônier Diocésain de la JOC ; Toutes ces années de rencontre, de recherche d’approfondissement, autour du Père Maziers et du Père Bourrat nous ont profondément enracinés dans notre collaboration avec les laïcs, dans les mouvements et plus largement. C’est tout notre ministère, dans toutes ses dimensions qui en a été marqué.
Depuis bientôt 40 ans nous prenions nos vacances ensemble, en montagne … nous étions fidèles à la prière du bréviaire chaque matin... Et à la célébration de l’Eucharistie chaque soir, où nous invitions les gens du village et quelques touristes de passage, notamment pour partager l’évangile.
Je crois que le souci constant de Charles a été de faire que l’Eucharistie soit le plus accessible possible au plus grand nombre... et qu’elle nous dynamise pour la mission.
Je voudrais simplement témoigner de la dernière Eucharistie que nous avons célébrée ensemble, dans sa chambre, entourés des membres présents de sa famille.
Quelques temps auparavant, voyant que sa santé se dégradait je lui avais proposé de recevoir l’onction des malades … Ce jour là, il m’a dit « Je ne me sens pas encore prêt »
Je lui ai alors proposé de venir, un jour, célébrer avec lui dans sa chambre, cette Eucharistie qui lui manquait tant.
C’était pour le Mercredi des Cendres. Les membres de sa famille étaient là, comme pour une fête. Quand je lui ai proposé de commencer la célébration de l’’Eucharistie par l’onction des malades : il m’a dit « j’allais te le demander » ! il était prêt »
Et effectivement, nous avons vécu ce grand moment de l’Eucharistie ensemble. J’ai ensuite fait l’imposition des cendres à tous ceux et celles qui étaient présents. Et comme, après coup, je m’excusais de lui avoir mis trop de cendres sur son front, il m’a dit : « tu sais bien qu’il faut « des-cendres » pour remonter ». Charles reste fidèle à son humour, jusque dans les moments les plus difficiles à vivre ; Pour la consécration, alors qu’il était dans son lit, aidé par Lucette (sa belle-sœur) et André (son frère), j’ai approché de ses mains l’hostie et le calice pour qu’il puisse les consacrer avec moi.
Au moment du Notre Père, nous nous sommes tenus la main. Et le baiser de paix avait une intensité particulière
A la fin, pour la bénédiction, je lui ai dit « C’est toi Charles qui vas maintenant nous bénir » » ce qu’il a fait. Et pour moi, cette dernière bénédiction reçue de mon frère Charles, a été chargée d’une grande émotion et d’une grande foi.
Quand nous nous sommes quittés, après le moment festif où nous avons partagé avec lui le verre de l’amitié, il m’a simplement dit en me tenant la main « c’est un des moments les plus importants de notre vie que nous venons de vivre ».
Merci Charles en ces jours où nous célébrons ton départ et ton passage vers Dieu, de nous faire vivre à tous avec toi, un des moments les plus importants de notre vie.

Pierre Giron

l’eucharistie (2)

Père Fond, notre ami
Nous nous souvenons de votre première réunion parmi nous en 2002, où vous étiez très inquiet de rencontrer des personnes ayant un handicap mental, mais très vite vous vous êtes trouvé à l’aise échangeant avec tout le monde.

La première grand journée provinciale à Peaugres, en avril 2003, où vous avez fait plus ample connaissance avec le mouvement, vous a confortée dans votre désir de devenir notre aumônier ;

Chacun et en particulier chaque jeune était reconnu pour ses qualités. Vous saviez les faire valoir.

Vous trouviez bien les mots qu’ils fallaient à celle ou celui qui boudait dans son coin pour le faire rire. Vous nous disiez que Foi et Lumière était votre famille et vous y sentiez bien.

A chacune de nos rencontres, vous nous apportiez votre compétence pour méditer sur le thème du mois, nous confortant dans notre foi.

Merci Seigneur de nous avoir envoyé Père Fond comme aumônier,
Merci Seigneur pour l’attention qu’il a apportée à chacun
Merci Seigneur, pour tout le réconfort qu’il a donné aux familles dans la peine
Nous ne vous oublierons pas. A Dieu

Proche de tous

Charles Fond est arrivé à Bourg- Argental en 1980
Nous avons vécu tant de choses avec lui deux faits marquant son arrivée : Therm une entreprise de robinetterie était en liquidation et les ouvriers défilaient dans la rue pour sauver leurs emplois.
Charles fait sonner les cloches et vient défiler avec eux dans les rues de Bourg- Argental
Quelques jours après une ferme brûle , une petite ferme de chez nous, Charles prend sa voiture et monte dans la famille, une famille qui voit arriver le curé chez eux !!! ils sont jusqu’à ce jour rester ses amis , ils les a même accompagner à Lourdes.
Charles à Bourg- Argental c’était l’accueil à la cure des paumés, ceux de chez nous mais aussi l’accueil des paumés de la 82 comme il disait , il prenait son panier en osier traversait la rue pour aller chercher les restes de la maison de retraite en face et leur préparait un lit au rez de chaussée de la maison paroissiale
Si Noël et partage existe aujourd’hui c’est un peu grâce à lui car à son départ : Qu’est qu’on va faire maintenant pour continuer de soulager ?

Secours Catholique et Secours Populaire se sont mis ensemble depuis 27 ans pour accompagner autant se faire ce peut les paumés de notre société
Lundi nous emménageons une femme seule 33 ans , ses trois enfants 14, 13 et 10 ans dans un appartement qu’elle a pris à Bourg- Argental , ils arrivent après six mois d’errance de Marseille avec chacun leur valise et lundi chacun aura une pensée pour Charles qu’on sentira à nos côtés
Et puis ce que je garde de Charles c’est toutes nos rencontres autour de son livre puisque j’ai eu la joie de le lui taper, de choisir avec lui textes, poèmes, de travailler avec son neveu Jean- Paul et l’éditeur sur les photos et la mise en page , la relecture .
Ce livre est né d’une rencontre à Monvalézan , Régis Peyrard , Pierre Giron, à la cure autour d’un bon repas préparé par la Lili et son mari
Au cours du repas je dis à Charles : tous tes poèmes j’accepte de les mettre sur ordinateur et que j’avais dit n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd ; quelques années après cela m’a conduit à taper bien sûr les poèmes et la suite !!!!
Je terminerais par le poème qui introduit son livre et qui nous dit combien Charles aimait la vie :

La vie est belle, même sans soleil,
J’ai des amis, avec eux, je vis
La vie est belle avec mes douleurs
Je rêve au printemps, je l’accueille en chantant
La vie est belle avec mes petits malheurs
Je partage des bonheurs ils ne sont pas ailleurs
Là au creux de ma vie, j’ai tous mes amis
La vie est belle, je ne sais si je ris
Je ne sais si je pleure.
Pour moi le vrai bonheur se lit dans les larmes
comme dans les rêves.
La vie est belle , elle coule jusqu’au cœur au-delà des angoisses
Au-delà de nos peurs vers l’infini bonheur
Ce bonheur éternel , Charles j’espère que tu l’a trouvé

THERESE BERNE le 26 Février 2016

Homélie

HOMELIE POUR CHARLES (Jn12,24-28)
Cette parole que nous venons d’entendre, Jésus ne l’a pas dite un jour, à l’improviste, comme par hasard. Dans le récit de l’Evangile (de Jean) c’est au moment où on venait de lui apprendre que des non-juifs, des grecs, des païens demandaient à le voir… Pour Jésus, cette demande venant de la part de ces païens, ça été pour lui un « déclic ».
Si des païens exprimaient ce désir de le connaître, Jésus ne pouvait pas les décevoir ; Mais pour pouvoir vraiment découvrir qui il était pour eux, ce n’est que lorsqu’il serait allé jusqu’au bout, jusqu’au bout de sa vie, jusqu’à vivre son mystère pascal, c’est là que les gens pourront vraiment le découvrir dans toute sa réalité, dans toute sa profondeur et pas seulement dans une rencontre superficielle…
Peut-être est-ce aussi une indication pour nous, qui vivons cet événement du départ de Charles. N’est-ce pas parce que, lui aussi, est allé jusqu’au bout de sa vie, jusqu’à vivre lui aussi son Mystère Pascal en union avec le Christ, que nous pouvons accueillir cette parole comme une Bonne Nouvelle, pour nous qui la vivons aujourd’hui !
C’est à travers ce « grain de blé qui tombe en terre » que Jésus vient nous révéler cette Bonne Nouvelle aujourd’hui.
Cette terre, si chère à notre ami Charles, par ses racines rurales auxquelles il est resté fidèle. A la suite de Jésus, il a été lui-même ce grain tombé en terre, pour y germer, à travers tout ce qu’il a vécu dans ses différents ministères de prêtre, en recherchant toujours la proximité, en cherchant toujours à créer des liens, et à mettre en lien des personnes qu’il rencontrait : les mettre en lien entre elles (notamment dans les mouvements). Et surtout les mettre en lien avec le Christ, qui animait toute sa vie. Cette présence aux personnes, dans des situations diverses, il l’a vécue par son écoute attentive. C’est souvent qu’avec lui nous parlions du poids de la vie des personnes qu’il rencontrait. Et aussi de la grandeur qu’il percevait dans ce qui paraissait tout petit … et cette petitesse prenait une grande importance à ses yeux, pour signifier l’importance qu’elle avait aux yeux du Christ.
Cette présence, comme un grain tombé en terre, il l’a vécue, ces derniers mois, dans sa vie, marquée par le vieillissement au milieu des autres, simplement à travers la vie ordinaire de tous les résidents. « Ma nouvelle façon de vivre le ministère, c’est d’être un résident, comme les autres, dans ma fragilité »
Le grain tombé en terre, on sait qu’il va germer… mais on ne voit pas immédiatement ce qu’il produit. Pourtant, tous, nous croyons à la germination de cette graine que, grâce au ministère de Charles, le Christ a semée en nous. Chacun, c’est sûr, dans le secret de notre cœur ! … Mais aussi à travers les découvertes que nous avons faites, grâce à Charles, à travers les transformations vécues, les engagements pris (comme nous en avons entendu les témoignages, à la veillée de Chamboeuf)
Et puis, notre présence, si nombreuse ici, ce matin, n’est-elle pas un des signes de ce grain qui a germé et germe en nous. Ce n’est, peut-être, que le début d’une moisson, dont nous gardons l’espérance comme Charles le souhaitait à travers cette célébration : « il écrivait en y pensant « j’aimerais qu’un beau message d’espérance soit accueilli par tous – qu’aucun de vous ne soit triste à l’idée de la mort. Aucune mort n’est un échec ! le Seigneur pardonne, achève, comble. Il continue sa vie d’amour, de justice, de paix. Il est vivant. Alléluia ! »
Accueillons donc ce message d’espérance et de foi, de la part de Charles et à travers lui, du Christ lui-même.
Mais cela ne supprime pas ce que nous ressentons en vivant l’épreuve de son départ, comme Jésus lui-même, à l’approche de sa mort : « Maintenant, mon âme est bouleversé » disait-il ! »
C’est aussi le bouleversement que Charles ressentait lui-même quand, en voyant sa santé se dégrader, il me disait : « je sais bien qu’il nous faut passer par là pour rejoindre la merveille qui nous attend. Ce qui est difficile à vivre c’est d’intégrer cette perspective de la mort »…
Ces paroles, j’ai pris soin de les noter, le soir même, en revenant de le visiter.
Et avec les membres de sa famille, nous relisions aussi ce qu’il avait écrit lui-même, dans la perspective de son passage vers Dieu :
« Vivre, partager, aimer, se sentir aimé... ce sont des signes de la présence du Ressuscité … On ne perd jamais son temps à aimer ! »
Oui, Charles, tu n’as pas perdu ton temps, en nous partageant tout l’amour que tu avais en toi et qui avait sa source dans le Christ.
Malgré toutes tes limites et tes fragilités, tu as servi le Christ dans la fidélité au service de tous tes frères. Je crois que vraiment la parole de Jésus que nous avons entendu aujourd’hui, se réalise pour toi et à travers toi : « Là où je suis, la aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ».
Oui, Père « glorifie ton nom » à travers le don que Charles t’a fait de lui-même, en communion avec le Christ !

Photos

Vous pouvez télécharger les photos

Zip - 2.4 Mo
Photos de Charles Fond

info portfolio